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Juridiction & sécurité

Pays-Bas

PAYS-BAS : Interdiction de vente de feux d’artifice aux particuliers.

Aux Pays-Bas, pétards et feux d’artifice sont à la fois un élément traditionnel et un problème de société.
Les tentatives de régulation n’ayant pas suffi, depuis le 1er janvier 2026, les particuliers n’y ont plus le droit.

Lecture 3 min.

Une page se tourne aux Pays-Bas. Après plusieurs années de débat et d’incidents à répétition, le gouvernement néerlandais à tranché.
Depuis décembre 2025, le Sénat néerlandais a validé définitivement la loi : les feux d’artifice seront désormais réservés aux professionnels.

Une mesure pour plusieurs raisons

La Sécurité

Chaque année, les feux d’artifice du Nouvel An provoquent des incidents majeurs aux Pays-Bas. Lors du réveillon 2025–2026, le bilan est particulièrement lourd : 1 162 personnes ont été blessées, mettant une nouvelle fois en lumière les dangers liés à l’utilisation de feux d’artifice par des particuliers.

Les services d’urgence, fortement sollicités durant cette période, ont dû faire face à une situation critique, avec une multiplication des interventions sur l’ensemble du territoire.
Au-delà des blessures humaines, les dégâts matériels sont également très importants. Près de 270 véhicules ont été incendiés, pour un coût total estimé à 16 millions d’euros. Face à ces dérives répétées, les Pays-Bas ont progressivement renforcé leur législation. Le pays a notamment instauré une interdiction partielle des feux d’artifice de catégorie F2, pourtant destinés au grand public 

La protection

Chaque année, ces célébrations entraînent des conséquences importantes sur les animaux domestiques et la faune sauvage, souvent invisibles mais bien réelles.
Les feux d’artifice provoquent chez de nombreux animaux une réaction de panique immédiate . Le bruit soudain, imprévisible et particulièrement intense, est perçu comme une menace directe, déclenchant des réactions incontrôlables.
Au-delà des animaux domestiques, la faune sauvage est, elle aussi, fortement touchée provoquant des réactions tel que des envols massifs et désorientés d’oiseaux, des collisions et une mortalité accrue ainsi que des perturbations de cycle naturels . 

Selon l’organisation de défense animale GAIA :
    » Au moins 18 animaux sont morts en Belgique lors des festivités du Nouvel An 2025–2026, victimes du stress et des accidents provoqués par les feux d’artifice. « 

L’interdiction des feux d’artifice pour les particuliers aux Pays-Bas ne répond pas uniquement à des enjeux de sécurité publique. Elle s’inscrit aussi dans une démarche forte : réduire la souffrance animale et mieux protéger les êtres vivants face à des pratiques devenues problématiques.

L'environnement

Les Pays-Bas figurent parmi les plus gros consommateurs de feux d’artifice en Europe, avec une utilisation particulièrement concentrée lors du Nouvel An. Cette pratique entraîne chaque année une saturation de l’air urbain en particules fines et en fumées toxiques . 
Les chiffres des trois dernières années illustrent l’ampleur du phénomène : 
en 2023 environ 105 millions d’euros dépensés par les particuliers, en 2024–2025  environ 118 millions d’euros, en 2025–2026 un record d’environ 129 millions d’euros.
Lors du passage à la nouvelle année, l’intensité des tirs est telle que certaines villes néerlandaises se retrouvent recouvertes d’un épais nuage de fumée.

L’usage intensif des feux d’artifice aux Pays-Bas ne se limite pas à un simple spectacle visuel. Il génère, en quelques heures, une pollution atmosphérique massive, transformant temporairement les villes en zones saturées de fumées toxiques.

Face à ces niveaux d’émissions et à leur concentration extrême, les autorités ont engagé une transition vers une réglementation plus stricte, marquant un tournant dans la gestion de cette pratique.

 

Jusqu’à présent, la réglementation néerlandaise autorisait l’utilisation des feux d’artifice uniquement pendant une période très limitée, soit quelques heures dans la nuit du Nouvel An, entre le 31 décembre au soir et le 1er janvier au petit matin.
Toutefois, la réalité sur le terrain est bien différente : dès le début du mois de décembre, de nombreuses détonations sont signalées à travers le pays, prolongeant les nuisances sur plusieurs semaines. Cette utilisation prolongée expose durablement les habitants, les animaux et les services d’urgence à des conditions difficiles.

Face à ces dérives, les autorités ont décidé d’instaurer une interdiction nationale des feux d’artifice grand public, avec pour seule exception les articles les plus légers, classés en catégorie F1. Cette mesure vise à mettre fin à une situation jugée incontrôlable, malgré les tentatives locales mises en place ces dernières années.

En effet, avant cette décision nationale, 19 villes néerlandaises avaient déjà instauré des interdictions locales. Cependant, ces mesures étaient largement ignorées et difficiles à faire respecter. Des zones spécifiques, appelées “vuurwerkvrije zones” (zones sans feux d’artifice), étaient également mises en place autour de lieux sensibles comme les écoles, les hôpitaux ou les maisons de retraite.

Réaction partagées

L’interdiction des feux d’artifice pour les particuliers aux Pays-Bas suscite des réactions contrastées, tant au niveau national qu’européen. Si certains saluent une avancée majeure en matière de sécurité et de bien-être, d’autres s’inquiètent des conséquences économiques et des difficultés d’application.

Du côté des professionnels, la décision suscite des inquiétudes, notamment concernant les compensations financières et les modalités d’application encore à définir. Depuis 2020, les Pays-Bas ont déjà restreint certains produits pyrotechniques, mais une partie des feux d’artifice continue d’être importée de pays voisins comme la Belgique ou l’Allemagne, où la réglementation est plus souple.

À l’échelle européenne, le débat s’intensifie : médecins, écologistes et forces de l’ordre appellent à des restrictions plus strictes, voire à une interdiction des feux d’artifice grand public. Certaines villes, comme Athènes ou Nicosie, ont déjà opté pour des alternatives comme les spectacles de drones ou de lumière.

Enfin, la Commission européenne souligne des failles dans la réglementation actuelle, notamment la circulation de produits dangereux, la vente en ligne insuffisamment encadrée et les disparités entre les législations nationales.

L’interdiction des feux d’artifice aux Pays-Bas dépasse largement le cadre national.
Elle s’inscrit dans un débat européen plus large, où se confrontent enjeux économiques, culturels, sécuritaires et environnementaux.
Entre soutien des services d’urgence, inquiétudes des professionnels et évolution des mentalités, cette mesure marque un tournant dans la gestion d’une pratique longtemps considérée comme festive mais désormais de plus en plus contestée.

Edit : Gwen Hens . 01/05/2026

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